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  Brève histoire de Sarajevo .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Fondation et ère ottomane.

Sarajevo sous l'Empire des Habsbourg.

Sarajevo Yougoslave.

 

 

Sarajevo peut-être décrite depuis sa fondation comme une "ville frontière". Dès son origine, il s'agit d'une ville principalement turque, naturellement musulmane, mais également slave. Ce mélange de cultures s'observait déjà au XVIe siècle dans l'organisation de la ville en quatre quartiers: musulman (Bascarsija), juif, catholique et orthodoxe. Ces quatres quartiers vivaient côte à côte, et Sarajevo était à l'époque l'un des rares lieux en Europe où l'on pouvait trouver sur un territoire d'un kilomètre carré une synagogue, une mosquée, une église orthodoxe et une église catholique.

 

Fondation et ère Ottomane.

 

Les turcs de l'Empire Ottoman envahirent une première fois la Bosnie en 1386 et terminèrent leur conquête en 1463 alors que la Herzégovine tombait sous leur juridiction en 1483. Ces deux territoires, la Bosnie et la Herzégovine, restèrent des provinces de l'Empire Ottoman pendant les quatre siècles qui suivirent. Beaucoup de Serbes et de Croates de Bosnie, dont une large majorité de propriétaires terriens, se convertirent à l'Islam après la conquête, car la loi ottomane autorisait uniquement les musulmans à détenir des terres. Les Serbes et le Croates qui restèrent chrétiens furent relégués au rang de simples paysans et la liberté de religion fût pratiquement leur seul droit.

 

Sarajevo fut quant à elle fondée en 1461 par le premier gouverneur Ottoman de Bosnie, Isa-Beg Isakovic. Grâce aux édifices construits par le gouverneur (notamment la mosquée Carova Dzamija), Sarajevo devint très rapidement la plus grande ville de la région. Elle connut une période de prospérité au XVIe siècle grâce à la construction de nombreux bâtiments (qui constituent ce qu'on appelle aujourd'hui "la vieille ville") par le bâtisseur Gazri Husrev-Beg. Sarajevo devint rapidement connue pour ses grands marchés et ses mosquées (au nombre d'une centaine au XVIe siècle) et fut considérée au XVIIe siècle comme la plus grande ville des Balkans après Istanbul.

 

La mosquée Carova Dzamija

La mosquée Carova Dzamija.

 

En 1697 Sarajevo fut pillée et brûlée lors d'une attaque menée contre l'Empire Ottoman, alors en déclin, par le prince Eugène de Savoie. Une grande partie de la ville fut détruite à l'exception de quelques mosquées et de l'Eglise Orthodoxe. Par la suite, la ville connut de nombreux incendies qui réduisirent considérablement sa population. La capitale de Bosnie fut alors transférée à Travnik, et la ville connut une période d'anarchie de 1747 à 1757, ainsi qu'une épidémie de peste et un nouvel incendie en 1788.

La situation ne s'améliora guère au XIXe siècle, car la Serbie gagna son indépendance et son détachement de l'Empire Ottoman en 1878, créant ainsi une grande fracture entre Istanbul et Sarajevo. De plus, le déclin de l'Empire Ottoman ne fit qu'augmenter les tensions ethniques entre, d'une part, la prospère classe musulmane de propriétaires terriens, et d'autre part les paysans chrétiens Serbes et Croates.

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Sarajevo sous l'Empire des Habsbourg.

 

En 1878, la Bosnie-Herzégovine fut placée sous la juridiction de l'Empire Austro-Hongrois par le Traité de Berlin. Un grand mouvement de résistance contre les autrichiens prit naissance à Sarajevo, mais la conquête austro-hongroise fut rapide et la ville fut intégrée sans difficulté à l'Empire des Habsbourg. Cette période fut caractérisée par une industrialisation de la ville, une grande modernisation et un changement social important.

De grandes modifications ont eu lieu au niveau de la structure politique de la ville, de son architecture et du système d'éducation. Les architectes autrichiens, aidés par un incendie qui ravagea une grande partie du centre ville, tentèrent à cette époque de transformer et de moderniser complètement la ville. Le résultat fut un mélange unique d'architecture occidentale moderne et d'ancien style ottoman. Sarajevo vit rapidement fleurir une vaste gamme de styles et de bâtiments (la Cathédrale du Coeur de Jesus fut par exemple construite en utilisant des éléments neo-gothiques). C'est à cette époque que furent construits le Musée National et l'Hotel de Ville. De plus, les autrichiens firent de Sarajevo la première ville de cette partie de l'Europe dotée d'un tramway.

 

Le Musée National de Sarajevo, construit en 1888.

L'hôtel de ville, construit en 1894 par l'architecte Alexandar WITTEK

Voir quelques bâtiments construits à cette époque.

Pendant cette période de domination autrichienne, les nouveaux dirigeants de la Bosnie-Herzégovine ne s'attaquèrent pas au problème de l'exploitation des Serbes et des Croates par les propriétaires terriens musulmans, et le favoritisme que les Autrichiens catholiques manifestèrent envers les Croates (également catholiques) aux dépens des Serbes (orthodoxes) ne fit qu'exacerber les tensions entre Serbes et Croates. Ce ressentiment aboutit à l'attentat tristement célèbre du 28 juin 1914, au cours duquel l'étudiant serbe Gavrilo Princip, membre de l'organisation nationaliste Mlada Bosna (Jeune Bosnie), assassina l'archiduc François-Ferdinand d'Autriche qui s'apprêtait à hériter de l'Empire Austro-Hongrois. Cet attentat préluda à la Première Guerre Mondiale.

L'Empire d'Autriche-Hongrie disparut en 1919,à la fin de la Première Guerre Mondiale avec la Conférence de paix de Paris. Sarajevo et la Bosnie furent alors rattachées au nouveau royaume des Slovènes, Croates et Serbes appelé le royaume de Yougoslavie, sous la monarchie serbe du roi Alexandre Ier Karageorgévitch.

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Sarajevo Yougoslave.

Après avoir été intégrée au royaume de Yougoslavie en tant que capitale de la province de Drina Banovina, Sarajevo ne bénéficia pas de la même importance qu'elle avait connue par le passé, et aucune contribution significative ne fut réalisée pendant l'entre-deux-guerres.

Cette "première" Yougoslavie fut dominée par la monarchie Serbe, et une politique pro-serbe fut appliquée avec beaucoup de rigueur. Robert Schumann (futur ministres des Affaires Etrangères), alors simple député français, écrit une note au sujet de la Yougoslavie en 1934:

"L'usage des mots «slovène» et «croate» est, d'une façon générale, interdit; il faut dire «yougoslave». Les circonscriptions administratives ont été complètement bouleversées, afin d'effacer le souvenir des frontières historiques et ethniques.

Toutes les fonctions quelque peu importantes sont réservées aux Serbes. Sur 200 généraux, il y a deux Croates, dont l'un est en mission en Albanie. Un seul diplomate en vue est croate. En Bosnie, ont été mis d'office à la retraite, sous prétexte d'économies, 30 magistrats, dont 29 Croates. Parmi les jeunes candidats, la préférence est toujours donnée aux Serbes. Les instituteurs et les institutrices croates sont en grand nombre envoyés en Vieille Serbie [Kosovo] et en Macédoine, dans une région de religion et de culture absolument différentes.

Les quelques Croates et les plus nombreux Slovènes qui sont au service du régime ont été gagnés par l'appât d'avantages personnels.

La police est entièrement serbe; copiée sur la police tsariste, elle est redoutable par l'organisation de la délation [...]; par les tortures infligées aux prisonniers qui refusent de dénoncer leurs amis, par l'arbitraire et la sévérité, sans recours possible devant les tribunaux judiciaires."

 

Un mouvement nationaliste croate vit alors le jour, et ses membres les plus extrêmes, les Ustaše ("Oustachis" en français) organisèrent l'assassinat du roi Alexandre Ier lors d'une visite officielle de ce dernier à Marseille. La situation s'inversa alors, et les Oustachis exercèrent le pouvoir en Croatie durant la Seconde Guerre Mondiale, avec l'aide des troupes d'Hitler.

 

L'Etat Indépendant de Croatie en 1942.

Face au mouvement Oustachis se forma le mouvement des Tchetniks serbes qui visaient à établir une Grande Serbie ethniquement homogène.

Sarajevo devint ainsi, pendant la Seconde Guerre Mondiale, la scène de combats extrêmement violents entre cinq armées différentes: les deux armées d'occupation, allemande et italienne, les Oustachis Croates et Tchetniks Serbes et les partisans de Tito (commandant de l'Armée Populaire de Libération et de Séparation Partisane de Yougoslavie).

 

L'impact principal de la guerre à Sarajevo fut la déportation et l'extermination de la population juive, malgré les efforts des habitants pour cacher et protéger cette dernière. Sur les 35 000 juifs vivant sur le territoire yougoslave, seuls 20% (environ 6 000) survécurent à la guerre. Par ailleurs, la plupart des habitants de la ville se joignirent aux Oustachis, qui exterminèrent tous les Serbes qui restaient orthodoxes et refusaient de se convertir au catholicisme. Ils créèrent pour cela le camp de concentration de Jasenovac, où près de 70 000 victimes périrent, dont près de 40 000 Serbes, 15 000 Tsiganes, 11 000 Juifs et 3 000 Croates opposants.

 

Après la Seconde Guerre Mondiale, Sarajevo devint la capitale de la République de Bosnie dans la fédération socialiste de la République de Yougoslavie. Les communistes investirent largement dans la ville, construisant de nombreux nouveaux quartiers résidentiels dans les municipalités de Novi Grad et Novo Sarajevo, situées à l'ouest de la vieille ville.


Ils développèrent également son industrie et en firent, une nouvelle fois, une des principales villes des balkans. D'une population de 115 000 habitants après-guerre, Sarajevo compte 429 672 habitants à la fin de la Yougoslavie.

Dans les années soixante, Tito accorda aux Bosniaques un statut ethnique distinct dans un effort pour les mettre sur un pied d'égalité avec les Serbes et les Croates. Néanmoins, les tensions ethniques se poursuivirent et s'aggravèrent après la mort de Tito en 1980. Ces tensions ethniques contribuèrent directement à l’affaiblissement de la république de Bosnie-Herzégovine. Lorsque la Croatie et la Slovénie déclarèrent leur indépendance, en juin 1991, de nombreux Serbes vivant en Bosnie-Herzégovine commencèrent à proclamer leur allégeance à la Yougoslavie sous autorité serbe pendant que les Croates et les Bosniaques réclamaient l’indépendance. Celle-ci fut proclamée le 15 octobre 1991, et fut reconnue par la communauté internationale en avril-mai 1992. Avant tout acte officiel, la guerre commence.

Lire l'article détaillé sur le siège de Sarajevo.

 

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