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Mémoires de Silésie : du souvenir à la reconstruction

Vendredi 24 novembre 2006

Centre universitaire Malesherbes, 108 Bd Malesherbes,
75017 Paris, Métro : Malesherbes - Salle 322
Organisation du colloque :

Florence Lelait, Małgorzata Smorag-Goldberg, Agnieszka Niedwiedzał.

Université Paris IV - Sorbonne

Centre interdisciplinaire de recherches centre-européennes


Présentation

Le XIXe siècle et l’éveil des nations, voire des Etats-nations, ont placé la Silésie, terre de passage et de mélange entre monde germanique et monde slave, face à son destin de région frontalière. Elle voit Allemands et Polonais cohabiter et s’entre-déchirer au cours du XXe siècle. Tant 1921 que les années 1940 marquent la modification des frontières et le déplacement des populations, allemande, juive et polonaise. Etouffée par le pouvoir communiste, en charge de l’intégration de la région à l’Etat polonais reconfiguré, la Silésie allemande prend à nouveau son envol après 1989.

Oscillant entre les différentes cultures qui l’ont imprégnée à travers les siècles, la Silésie devient un lieu de ces mémoires nationales ou interculturelles, parfois complémentaires parfois conflictuelles. On s’interrogera sur la mémoire que (re)construisent ou reconstituent par le biais du document ou de la fiction les différents acteurs de l’histoire régionale, individus ou groupes, Polonais, Allemands, Ukrainiens, chrétiens ou juifs, habitants des villes et villages de Silésie issus de milieux sociaux variés, et l’utilisation qu’ils en font. S’agit-il d’une mémoire officielle, privée ? Quels sont les éléments qui sont choisis pour la constituer ? Quel rôle jouent les traces – topographiques, écrites, orales - dans la (re)construction de cette mémoire ? À quelles fins la mémoire régionale est-elle conservée, voire réinterprétée ?

On pourra se demander ainsi si cette dynamique mémorielle n’est pas, en dépit des apparences - son essence poétique et subjective dans le cas de la littérature - porteuse d’un discours, d’une forme d’engagement dans la construction d’un nouveau territoire communautaire. La génération actuelle de bâtisseur de cette mémoire issue de l’espace silésien - qu’ils soient historiens, sociologues ou écrivains – ne serait-elle pas en train d’écrire un chapitre important d’une histoire commune des peuples d’Europe Centrale, dans le dépassement des martyrologies nationales concurrentes ou antagonistes, pour proposer une lecture commune des souffrances du XXe siècle ?

Les différentes interventions feront la preuve de cette diversité mémorielle, des conditions de la construction, voire reconstitution ou de la résurgence de la mémoire en question. La mémoire ne trouve pas sa traduction uniquement dans des lieux ou documents, mais également dans des romans, cycles poétiques etc. La fiction intervient ainsi comme relais de la littérature de témoignage, réservée pendant un temps aux acteurs et témoins de ces « nettoyages ethniques ». La (re)construction subjective devient-elle ainsi un discours complémentaire à celui de l’historien ou du sociologue pour entrer en résonance avec le document objectif ? Depuis 1989, au nom d’un héritage qui commence à peine à être articulé, ce passé-là est en train de sortir de l’ombre, faisant concurrence au discours des historiens. On tentera au cours de cette journée, qui réunira des chercheurs français et polonais, issus de plusieurs disciplines : germanistes, slavistes, sociologues, géographes, de mettre en rapport l’esprit objectif et factuel dont se réclament les historiens avec les manifestations d’une subjectivité intégrale que le récit littéraire se propose d’articuler.
Programme des interventions

9 h Accueil des participants

9 h 30 Ouverture de la journée d’études (Delphine BECHTEL et Xavier GALMICHE, co-directeurs du Centre Interdisciplinaire de Recherches Centre-Européennes)

Expulsés, déplacés, migrants : mémoires des nouveaux et anciens habitants de la région

10 h Izabela KAŻEJAK (Université Viadrina, Francfort / Oder, Allemagne) : « Une reconstruction par la transmission orale. Souvenirs de l’histoire de Wrocław après 1945 – écrits sur la base d’interviews de témoins »

10 h 30 Agnieszka NIEWIEDZAŁ (EHESS / Paris) : « L’espace comme cadre social de la mémoire – les villages repeuplés de la Silésie d’Opole »

11 h Florence LELAIT (postdoc, CIRCE) : « La Silésie allemande : du "bagage invisible" à une mémoire reconstruite »

11 h 30 – 12 h : Discussion

12 h 30 – 13 h 30 : Pause déjeuner
Recompositions autour de la Seconde Guerre mondiale

13 h 30 Hélène CAMARADE (Maître de conférences, Université de Bordeaux) : « Mémoires et résistances à Kreisau / Krzyżowa »

14 h Gerard KOSMALA (Université de Wrocław, Pologne) : « La résistance face à la mémoire : une mémoire qui résiste (les monuments des soldats allemands dans la Silésie d’Opole) »

14 h 30 – 15 h : Discussion

15 h – 15 h 15 : Pause
Mémoires littéraires

15 h 15 Elżbieta DZIKOWSKA (Université de Wrocław, Pologne) : « De Breslau à Wrocław : Correspondances poétiques »

15 h 45 Lucrèce LAFARGE-FRIESS (Université Paris 7 - Denis Diderot) : « La tétralogie de Gleiwitz de Horst Bienek : De la nécessité du témoignage »

16 h 15 Małgorzata SMORA-GOLDBERG (CIRCE, Université Paris IV-Sorbonne) : « Breslau / Wrocław – dans le miroir de la paralittérature ou le recours à l’archaïsme décoratif : la trilogie policière de Marek Krajewski »

16 h 45 – 17h 15 : Discussion

17 h 15 – 17 h 30 : Pause

17 h 30– 18 h Lecture de Tomasz ROZYCKI, poète polonais, à l’occasion de la publication en France d’un de ses recueils de poèmes.

18 h – 18 h 30 Clôture du colloque - Delphine Bechtel et Xavier Galmiche, co-directeurs du CIRCE, Florence Lelait, Małgorzata Smorag-Goldberg, Agnieszka Niewiedzal.